UNPI 33-24Un autre monde ?
En lisant la presse ce matin je me suis demandé si je ne m’étais pas réveillé dans un autre monde : un monde dans lequel certaines définitions seraient différentes de celle du monde que je connaissais la veille.
Ainsi le journal Sud-Ouest relate la sortie du « baromètre annuel de l’encadrement des loyers » de la « fondation pour le logement des défavorisés » : je lis qu’à Paris il y aurait 46 % des logements dont les loyers dépasseraient le loyer de référence majoré.
L’esprit encore embrumé des rêves de la nuit, j’essaie de me souvenir de la définition du loyer de référence majoré : je crois me souvenir que c’est la valeur de la médiane des loyers des logements, augmentée de 20 %, je plonge encore plus loin dans ma mémoire pour me remémorer la définition de la médiane, et j’arrive aux cours de statistiques du collège et je vois effectivement que :
« La médiane est une valeur qui partage un ensemble de données en deux parties égales ».
Je pense alors qu’une coquille s’est peut-être glissée dans l’article et je vais sur internet chercher ce rapport annuel.
Je lis que la communauté de communes de « Plaine Commune », en région Parisienne ferait mieux encore : 61 % des loyers dépasseraient le loyer de référence majoré !
Je suis donc bien arrivé dans un autre monde, un mode où la définition de la médiane statistique n’est pas la même que celle que j’ai appris au collège ! En effet, il est impossible d’avoir 61 % des valeurs supérieures à la valeur de la médiane augmentée de 20 % puisque 50 % doivent être inférieures à cette même médiane.
Je continue la lecture de ce « rapport » et à la page 6 je vois plus étrange encore : selon les surfaces, il y aurait jusqu’à 92 % des logements dont le loyer dépasserait le loyer de référence majoré.
Je vais lire d’autres quotidiens qui évoquent également ce « rapport », et aucun ne s’émeut de cette étrangeté.
Après avoir lu entièrement ce « rapport », qui n’a de rapport que le nom, je suis complètement réveillé, et je constate que l’échantillonnage est défaillant et totalement biaisé.
Mais je suis bien arrivé dans un monde étrange : un monde où les journalistes ne vérifient pas leurs sources et où ils répètent
des stupidités. Dans mon monde, j’avais appris qu’un journaliste vérifiait ses sources.
Ma lecture de l’encadrement des loyers est la suivante : le dispositif est stupide et la définition de la médiane telle qu’elle figure
dans la loi n’est pas respectée par les observatoires de loyers. Ces derniers calculent un loyer de référence indépendamment de
la surface, alors que chacun de nous sait que le loyer n’est pas une fonction linéaire de la surface : dans la vraie vie, un studio
de 40 m² ne se loue pas deux fois plus cher qu’un studio de 20 m², alors que c’est le cas pour le dispositif d’encadrement
des loyers.
Les observatoires des loyers devraient, au minimum, calculer le loyer de référence par tranche de surface en plus des
items actuels. Mais ma véritable demande est la suppression de l’encadrement des loyers : l’expérimentation touche à sa fin et toutes les études sérieuses montrent que les effets de ce dispositif sont insignifiants et profitent surtout aux locataires les plus aisés.
Toute l’équipe de la Chambre des Propriétaires vous souhaite un bel automne.
Denis JACQUES
Président UNPI 33-24 et Nouvelle Aquitaine
Bulletin UNPI 33-24 du 3e trimestre 2026